Ghetto et logement

Les Sebir sont une famille prospère de Milwaukee, capitale du Wisconsin. Diplômés, avec un revenu plus que confortable, propriétaires d'une grande maison, ils choisissent pourtant de déménager il y a deux ans dans un quartier pauvre et majoritairement noir pour se rapprocher de leur famille. Leur déménagement ne doit être que temporaire: il s'agit de faire garder leur fille malade. Mais, les Sebir ne sont jamais retournés dans leur maison et sont restés dans leur petit duplex, «parce qu'ils avaient l'impression d'être là où ils devaient être», raconte le New York Times.

Leur histoire pourrait n'être qu'une exception au pays de l'Oncle Sam. Cependant, les Sebir sont l'exemple parfait d'une ségrégation toujours bien ancrée: les familles noires aisées restent vivre dans des quartiers où vivent les membres de leur communauté, même si ce quartier est très pauvre.

Une réalité qui vient changer l'idée populaire selon laquelle les ghettos raciaux sont uniquement dûs à un manque de moyens et non à l'appartenance à une communauté raciale. Et cette différence noir/blanc ne tient qu'à une chose: les familles blanches ne sont pas du tout favorables à l'installation de familles noires dans leurs quartiers. En 2009, l'Institut national de la santé américaine publie une étude intitulée «Does race matters in neighborhood preferences?». Lorsque nous lisons l'étude le constat est clair :

Les quartiers mixtes ou noirs ont été classés comme moins souhaitables comme contexte de vie que les quartiers blancs, pour les Blancs interrogés. La présence d'Afro-américains dans un quartier entraîne une dégradation de sa valeur.»

Résultat, même si les Noirs et les Blancs ont le même niveau de vie, ils vont continuer à vivre dans des quartiers bien séparés, les quartiers noirs étant, en outre, plus pauvres. Aux États-Unis, près de 37% des familles afro-américaines gagnant plus de 88.000 euros par an, vivent dans des quartiers pauvres, contre 9% des familles blanches dans la même situation. Ces chiffres sont encore plus impressionnants dans une ville comme Milwaukee, où la ségrégation était particulièrement présente avant l'égalité des droits: 57% des familles noires contre 6% des familles blanches.

Le Wisconsin a toujours été une région hostile à la mixité dans les quartiers.

Ferreira- Sahraoui
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